La série comment éviter la manipulation – Victime, Sauveur ou Persécuteur

Triangle Dramatique Karpman

Cet article fait partie de la série comment éviter la manipulation : Victime, Sauveur ou Persécuteur?


Les jeux psychologique


Les jeux psychologiques sont l’un des concepts phares de l’Analyse Transactionnelle. Eric Berne (Psychiatre américain, fondateur de l’analyse transactionnelle) a publié un livre dédié à ce thème :  “Des Jeux et des Hommes”, devenu best-seller. Il a défini le jeu psychologique comme “le déroulement d’une série de transactions cachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible”.

Pensons à ces joueurs de Poker qui maîtrisent parfaitement les règles, ce stress, conscient et inconscient, ce sentiment qu’au-delà de la mise il y a parfois un enjeu beaucoup plus important, voire existentiel, ces émotions fortes dues au gain ou à la perte… Pour Eric Berne une partie de nos échanges répondent à ces critères.

L’objectif étant de générer des bénéfices, même s’ils ne sont pas très agréables : des bénéfices directs (un signe de reconnaissance que l’on aurait pas eu autrement ) ou des bénéfices secondaires (valider et confirmer une croyance sur soi ou sur les autres, positive – je suis compétent – ou négative – il ne mérite pas-).


Victime, Sauveur ou Persécuteur : le triangle de Karpman


Le triangle de Karpman est une figure d’Analyse Transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968. C’est un des jeux de la manipulation de la communication.

Il est appelé aussi le triangle dramatique pour faire référence au drame théâtral. En effet, Stephen Karpman ayant créé ce concept à partir de l’observation des ressorts du drame au théâtre: Il s’est aperçu que systématiquement, pour qu’un “drame” se déroule, il faut trois rôles : un Persécuteur, un Sauveteur et une Victime. C’est une approche expliquant les trois rôles toxique d’un point de vue intra-personnel et interpersonnel que chaque personne peut adopter au quotidien.

-Le persécuteur ou le bourreau attaque ou blâme la victime. Il dramatise, culpabilise, cherche à coincer et à piéger la victime, la dévalorise… Il méconnaît la valeur des autres et sans chercher à savoir ou à comprendre : il critique, casse, oppresse. blesse, tortille et étouffe la victime.

-La victime est (ou se sent) persécutée et va chercher un appui extérieur. Elle méconnaît sa propre valeur, attire et apitoie le sauveur et met le persécuteur en colère. D’un côté, elle exagère, se plaint, dit que ce n’est pas possible, que c’est injuste. D’un autre côté, elle perd son pouvoir devant son persécuteur, seul responsable de ce qu’elle est entrain de vivre.

-Le sauveur se sent obligé d’aider la victime. D’un côté, il ne peut pas résister à ce signal que la victime lui envoie : elle est faible, incapable seule de sortir de cette situation. D’un autre côté, il méconnaît la capacité de la victime à agir, ressentir ou penser par elle-même. Il étouffe, aide de force, a la solution à tout, sait tout… et surtout prive la victime de son autonomie et de ses responsabilités.

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’êtres réellement Persécuteur, Victime ou Sauveur, ce sont des rôles psychologiques où chacun joue une partie de ceux-ci, dans un contexte spécifique à la situation.


Victime, Sauveur ou Persécuteur : la répétition


L’une des caractéristiques du jeu est la répétition des mêmes schémas, des mêmes échanges, des mêmes émotions, des mêmes pensées et des mêmes changements de rôles. On peut jouer pendant quelques minutes comme pendant toute une vie.

Jouer est une dynamique. On ne peut pas dire  : “Il joue avec moi…“. Nous jouons toujours à deux. Pensez aux joueurs de tennis, vous renvoyez la balle avec les mouvements que vous déclenchez et dont vous êtes maître : vos réactions, comportements, pensées et émotions. Vous jouez donc autant avec lui consciemment ou pas. S’il n’y a pas de répétition, il n’y a pas de jeu. Et une scène, une seule transaction ne suffit pas pour dire qu’il y a un jeu entre deux personnes.

Nous, Humains, ne sommes pas toujours conscients du pouvoir de chacun, sa part de responsabilité dans tout échange, interaction et manipulation. Ses facultés de poser la raquette, couper les transactions, et arrêter le jeu.


Victime, Sauveur ou Persécuteur : Les niveaux du jeux


Il existe quatre niveaux de jeux :

Niveau 1

C’est un niveau acceptable socialement : le lien n’est pas rompu mais ”touché” et une tension relationnelle est créé. Par exemple, deux collègues du mêmes service doivent traiter un dossier pénible. Tous les deux le refusent. Ils se disputent vu que chacun pense que l’autre peut faire un effort et accepter le dossier.

Niveau 2

Ce niveau est moins accepté socialement : La scène se déroule sans témoins et le lien est presque rompu. Par exemple, un chef d’équipe oblige en tête à tête un membre de son équipe à annuler ses vacances, et le fait comprendre que sa promotion peut s’évaporer sinon. Le collaborateur s’énerve et part en claquant porte. Le chef d’équipe essaye de jouer avec la sécurité psychologique du collaborateur.

Niveau 3

Ce niveau n’est pas du tout accepté socialement. Il correspond à une scène avec des témoins : Le lien est rompu. Par exemple, le nouveau patron qui décide d’écarter un ancien responsable dans l’entreprise, pour le pousser à démissionner. Il lui retire des dossiers petit à petit et le pousse vers le “Placard”. Le nouveau patron joue avec la sécurité psychologique du responsable de façon affirmée.

Niveau 4

Ce niveau n’est pas du tout accepté socialement. Il correspond à des dégâts psychiques et corporels parfois irréparables. Le lien est définitivement rompu. Par exemple, un harcèlement envers un adolescent à l’école qui fini par une dépression et une -tentative de- suicide.


Victime, Sauveur ou Persécuteur : les bénéfices secondaires


Chacun de ces trois rôles est toxique pour la personne concernée et pour les autres:

-Le sauveur crée une dépendance vis-à-vis de la victime et lui enlève sa responsabilité. Il rend la victime dépendante de son support. Et devient lui même dépendant de sa cape de Superman. Les bénéfices cachées d’être un sauveur sont nombreux. (Se sentir fort, se sentir utile, se sentir juste, se sentir aimé…)

-La victime quand à elle génère des émotions négatives autour d’elle. Elle se plaint souvent et cherche à attirer un sauveur pour se sentir mieux. Les bénéfices cachées d’être une victime sont nombreux. (Se sentir protégé, attiré l’attention, se sentir écouté, se sentir aimé…)

-Le persécuteur a un rôle destructeur autour de lui. Il pense uniquement à ses besoins sans prendre en compte les besoins des autres – besoins matériels, physique et psychiques. Il est désagréable et antipathique. Les bénéfices cachées d’être un persécuteur sont nombreux. (Se sentir fort, se sentir affirmé, se sentir confiant, se sentir aimé – si ses parents ont conditionnées leurs amour pendant son enfance à un driver “sois fort”…) On peut rentrer dans se rôle facilement si on se sent menacé.

Chaque personne peut avoir un ou plusieurs rôles selon la situation, ce n’est pas une caractéristique intrinsèque, mais plutôt une attitude qui va dépendre du contexte et de la situation.


Une prise de conscience, facile non?


Victime, Sauveur ou Persécuteur… En prendre conscience n’est pas aussi facile, mais apprendre à être plus présent à soi, à l’écoute de soi, permet de prendre conscience plus rapidement et empêche de tomber dans ces jeux de rôles destructeurs. Pour sortir de ce jeu psychologique, il est essentiel de se recentrer sur ses propres besoins. Puis de s’exprimer de telle manière que les autres ne ressentent pas de culpabilité, de peur, de honte,…

Nous jouons pour avoir des bénéfices, même s’ils ne sont pas agréables. Ces bénéfices peuvent être nombreux : revivre un type de relation expérimenté dans l’enfance, obtenir un type de signes de reconnaissance que l’on aurait pas eu autrement, valider ses croyances sur soi ou sur les autres…

Si vous observez un triangle de Karpman ou que vous sentez que vous êtes dans une dynamique de manipulation de ce type parlez en aux personnes concernées avec l’intention d’améliorer la situation pour tout le monde. Le fait de nommer le triangle et les trois positions aide généralement à y mettre fin.


N’hésitez pas à nous contacter pour partager avec nous vos problématiques du moment.. Nous serons ravis de répondre à toutes vos questions!

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Pour aller plus loin, je vous invite à consulter les articles suivants :

La série comment éviter la manipulation: Les 5 comportements inconscient de la victime

Confiance, Arrogance ou Ignorance?


Des propositions de lecture :

Le Triangle dramatique

Le manipulateur pervers narcissique – Comment s’en libérer – Victimes, prenez le pouvoir sur votre vie !

Des jeux et des hommes

Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège?

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)

Êtes-vous ce que vous voulez êtres ? 

Influence et manipulation

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens


Et un film :

Oui, mais…


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